Encore catalogué comme utopie technologique par certains, le concept du Web sémantique est bien marche. Alors que le Web 2.0 vient de faire son apparition, poussé par des usages et des modèles économiques innovants, le Web sémantique doit, de son côté, conduire à la prochaine évolution des contenus et des données sur Internet. Reste encore à trouver un terrain d’application.
Pourquoi adopter une technologie quand son écosystème de développement n’est pas adapté ? Cette réflexion, qui taraude nombre de décideurs, pourrait s’appliquer au Web sémantique. Car en dépit des larges possibilités côté applications, le principe souffre encore d’un environnement de développement trop maigre, signe d’un écosystème trop jeune.
Si les langages OWL et RDF, ossatures de l’approche sémantique, sont, quant à eux, matures - tous deux ratifiés par le W3C en 2004 -, leur implémentation et leur manipulation dans des cadres applicatifs (framework) restent succinctes. [...] En attendant, le W3C planche concrètement sur des formats transitoires. Leur objectif : pousser les développeurs et les entreprises vers l’adoption des principes du Web sémantique, en expérimentant des formats facilitant la migration à partir de l’existant (comme de xHTML), vers la prise en compte des méta-données. En clair, comment faire du Web sémantique sans toucher à la complexité OWL.
Xavier Lacot, consultant technique chez Clever Age, pense qu’« ouvrir son système d’informations au sémantique devrait donc se faire par étapes, en profitant par exemple de l’existence de langages tels que les microformats pour amorcer la transition ». Bien moins puissants que RDF, les microformats doivent promouvoir l’approche sémantique "de premier niveau", grâce à leur simplicité d’implémentation. Il s’agit grosso modo de baliser sémantiquement un contenu existant en xHTML. Notons par exemple XFN (XHTML Friends Network) qui formalise par de simples attributs les relations entre individus, comme dans les réseaux sociaux en ligne ; hCalendar qui décrit sémantiquement les données du standard iCalendar (échange de données de calendrier) ; hCard pour les données de vCard ; ou rel-tag qui permet de tagguer sur le modèle Technorati. L’un des gros intérêts des microformats est qu’ils sont développés pour être lu « par des humains, d’abord et des machines ensuite ».
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