Nouvel exemple de la volonté de l’État de favoriser l’utilisation de logiciels libres dans ses administrations : le Service d’information du gouvernement (SIG), dépendant du cabinet du Premier ministre, a déployé un outil de gestion de contenu de ses sites web en licence GPL.
Baptisé Spip-Agora, ce programme est, comme son nom l’indique, basé sur la plate-forme Spip (système de publication pour l’internet), développé il y plusieurs années par des développeurs indépendants. Agora signifie quant à lui "Archictecture de gestion de contenu à réplication automatisée", répondant ainsi à la demande du SIG dans son appel d’offres datant de 2002.
Cet appel d’offres a été remporté par la société Clever Age, spécialisée dans le conseil et l’intégration de logiciels libres mais aussi propriétaires. Le SIG a également bénéficié de la collaboration de l’Adullact, l’Association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités locales (Adullact), qui a fourni la plate-forme de gestion du projet.
La première version bêta est parue à l’été 2003. Dès le mois de juillet, le site de l’ANPE a récupéré cet outil pour l’employer pour ses propres besoins. Depuis, la solution est utilisée pour gérer plusieurs sites officiels du gouvernement : celui dédié à présenter l’« action de l’État pour le développement de la société de l’information » (internet.gouv.fr), les forums internet du gouvernement (forum.gouv.fr), le portail consacré aux retraites (retraites.gouv.fr) ou encore le site d’information sur l’Europe (europe.gouv.fr). Le 11 juin , le projet Agora s’est également offert une vitrine (agora.gouv.fr) afin de présenter ses développements.
Un projet au profit relatif pour Spip
« Le montant total du contrat est de 110.000 euros, dont 90.000 pour nous », confie à ZDNet Nicolas Hoizey, directeur technique de Clever Age. Selon le site du gouvernement, 5000 euros du budget ont également été prévus pour l’expertise de l’association Braillenet pour l’accessibilité des sites. Pourquoi ne pas avoir simplement utilisé Spip tel quel ? « Il ne répondait pas à tous les besoins du SIG, dont le support de multiples plates-formes [propriétaires], comme Oracle, alors que Spip n’est compatible qu’avec MySQL », poursuit-il.
Un des fondateurs du projet Spip, Philippe Rivière, déplore pour sa part « l’absence de coopération [avec les responsables du projet Agora] », sans pour autant s’en formaliser. « Chacun est libre d’utiliser Spip comme il le souhaite dans le cadre fixé par la licence choisie », indique-t-il. Il aurait cependant préféré que des fonctions soient ajoutées dans Spip, plutôt que de développer un projet à part « autour de Spip ». Par ailleurs, il salue le choix du gouvernement d’utiliser un produit en licence GPL.
À terme, d’autres sites du gouvernement et d’établissements publics pourraient être gérés avec Spip-Agora, poursuit le responsable. « D’autres ministères étudient également la possibilité de migrer vers cette application », assure-t-il. Cette solution, disponible donc en licence GPL (GNU General Public License), est en effet utilisable par n’importe qui d’autre, à commencer par les collectivités locales qui souhaitent développer leur site internet, explique le SIG dans un communiqué diffusé par le projet Agora.
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